Expositions & Ateliers

 

Collection [im]permanente

Exposition Temporaire

Pas d'évènement

Abritées dans les épais murs du donjon du Château de Pont-l’Abbé, les collections du musée ont connu depuis 2007 une révolution intérieure. L’équipe du musée a démonté chaque salle, inventoriant plus de 2 500 pièces, exposées ou en réserve. Suite à ce chantier des collections, l’équipe s’est attelée à la rédaction d’un projet scientifique et culturel, figure imposée des « musées de France », label national dont bénéficie le Musée bigouden.

Un groupe de personnes ressources du Pays bigouden a contribué à ce projet de longue haleine, voté par le Conseil Municipal de Pont-l’Abbé le 18 février 2013 et validé par le Service des musées du Ministère de la Culture et de la Communication. Vous pouvez prendre connaissance de la synthèse du projet en 4 pages, ou demander auprès de l’équipe du musée à consulter le document complet (132 pages).

Galerie

Des collections en chantier

La rédaction d’un nouveau projet culturel pour le Musée bigouden a rendu nécessaire le chantier des collections, qui doit répondre à plusieurs objectifs :

  • Mieux connaître les collections du musée,
  • Faire le bilan de leur état sanitaire et repérer les objets qui demandent une restauration urgente,
  • Améliorer le conditionnement des collections et préparer leur transfert vers des réserves.

La première étape du chantier des collections a consisté à démonter les anciennes salles d’exposition et à classer les objets. Dans un deuxième temps, le récolement a été mené et achevé. L’inventaire est actuellement en cours de numérisation. Le chantier de l’inventaire rétrospectif reste encore à mener. Les réserves sont encore temporaires mais se structurent de plus en plus !

Le récolement

Le Musée bigouden fait partie des « musées de France », un label créé par la Loi de 2002. A ce titre, il doit procéder au récolement de ses collections tous les dix ans. Le récolement a débuté en 2007 et s’est achevé en 2013. Il est prêt à attaquer le second récolement !

Ficher chaque objet

Pour éviter toute confusion entre deux pièces, chaque objet est décrit précisément. Les objets qui ne possèdent pas de numéro d’inventaire sont marqués d’une « étiquette de chantier », en attendant l’inventaire rétrospectif. L’état de conservation de chaque pièce est soigneusement observé, afin de repérer d’éventuelles fragilités ou urgences. Ce bilan permet aussi de prendre les précautions nécessaires au moment du nettoyage de l’objet puis de son conditionnement.

Nettoyer et traiter

Cette étape sert à supprimer l’une des principales causes d’infestation et de dégradation : la poussière, et avec elle l’humidité qu’elle retient. Les objets peuvent parfois être « infestés », notamment par les insectes qui raffolent des traces d’activité humaine sur les textiles, ou encore du bois tendre de certains meubles. Chaque objet infesté doit subir un traitement, adapté aux matériaux qui le composent. Dans le cas du mobilier, un traitement préventif est appliqué sur l’ensemble des pièces.

Au moment du chantier, le nettoyage et le traitement sont préventifs : les opérations éventuelles de restauration auront lieu dans un second temps.

Photographier

Une « photo d’identité » de l’objet est réalisée. Elle sera intégrée à sa fiche informatique.

Conditionner

A l’issue du récolement, les pièces sont classées par type d’objets et mises en boîte, en fonction de leur taille.

Les textiles ont un conditionnement spécifique, à plat et en volume, ou enroulés pour les plus grandes dimensions. Les objets de petites et de moyennes dimensions sont emballés dans du papier de soie puis protégés par un film de mousse. Chaque boite est identifiable par son numéro et sa fiche de colisage, qui précise son contenu.

Après avoir parcouru cette chaîne opératoire, les objets sont prêts à rejoindre la réserve muséographique.

L’inventaire et la numérisation

La numérisation, vitrine virtuelle des collections

Le musée travaille à numériser progressivement ses collections, prioritairement sa collection textile. Malgré la richesse des fonds, en particulier dans les musées de Bretagne, très peu de collections textiles ont fait l’objet d’une numérisation. Le musée souhaite s’engager dans cette démarche afin de contribuer à renouveler l’intérêt pour les collections de costumes traditionnels, auprès des particuliers mais également des professionnels. Le Musée Bigouden a été lauréat de l’appel à projets « numérisation » 2009 du Ministère de la Culture.

Numériser les collections, c’est :

  • les protéger : cela permet de consulter la collection sans manipuler inutilement les objets.
  • les valoriser : la numérisation puis la mise en ligne des collections sur ce site offriront à chacun la possibilité de découvrir ou redécouvrir les collections. Cela permettra aussi à l’équipe du musée une meilleure gestion du fonds.

L’équipe travaille sur un logiciel entièrement en ligne, Webmuséo. La procédure est longue : il s’agit d’informatiser pour chaque objet un grand nombre d’informations : fiche de récolement bien sûr, mais aussi constat d’état, photo, localisations successives, statut juridique établi à partir du registre des dépôts et du registre d’inventaire…

L’inventaire, une étape clef dans la gestion des collections

Le récolement des collections sera complété par l’inventaire rétrospectif : il s’agit d’inscrire dans les registres d’inventaire les objets qui ont vocation à entrer dans les collections du musée mais qui n’y étaient pas inscrits. Après inscription à l’inventaire, le numéro d’inventaire est reporté sur l’objet de façon discrète mais indélébile. La collection textile à elle seule compte près de 1 000 pièces à inscrire à l’inventaire ! Avis aux bonnes intentions…

L’inventaire permet la protection des pièces du musée en tant qu’objet appartenant à une collection d’un musée de France, label dont bénéficie le Musée Bigouden.

Attention, le Service des Musées de France (ex-DMF) doit valider toute inscription d’un nouvel objet au registre d’inventaire ! Une commission d’experts se réunit pour juger de l’intérêt et de la pertinence de faire entrer dans les collections du musée les objets proposés. En effet, les collections des musées de France sont « inaliénables », c’est à dire que le musée ne peut s’en séparer, que ce soit par vente ou par don. Un objet qui entre dans les collections du musée devra y être conservé sans limite de temps, ce qui explique les précautions prises avant toute inscription à l’inventaire.

Le second grand principe est l’« imprescriptibilité » : en cas de vol ou de disparition, un objet appartenant aux collections d’un musée de France peut être restitué au musée sans limitation dans le temps.

L’inventaire est donc le garant de l’identité d’un objet.

Un projet en chantier

Depuis plusieurs saisons, le Musée se renouvelle…

Né de la volonté de passionnés dans les années 1950, le Musée Bigouden s’était donné pour mission de conserver une trace du patrimoine et des traditions du Pays bigouden.

Pendant des années, le musée a collecté auprès de nombreuses familles des objets quotidiens ou exceptionnels : bols et assiettes de faïences, vêtements traditionnels, instruments de musique, meubles, outils agricoles ou maritimes… et tant d’autres témoins d’un mode de vie en cours de disparition. C’est ce travail qui a permis de constituer la collection qui vous est présentée aujourd’hui. Le musée est riche de cet héritage.

Comment le valoriser, le transmettre à notre tour ? Comment enrichir encore ce patrimoine, quand les pièces se font de plus en plus rares ? Comment mieux connaître cet héritage, quand les témoins des temps anciens disparaissent ? Et surtout, que peut-il encore nous dire ? Quelle est sa signification dans le monde qui nous entoure, où la société traditionnelle semble chaque jour plus lointaine ?

Comme chaque musée, le Musée Bigouden est confronté à ces questions de taille. Il n’a pas seulement pour mission de conserver son héritage : sa collection n’a pas de sens en elle-même, c’est le regard que nous portons sur elle qui lui donne vie. Le musée doit questionner son héritage pour apporter sa pierre à la culture que nous bâtissons aujourd’hui. Nous sommes engagés dans une course contre le temps. Ou plutôt… tout contre le temps, au plus près de notre temps.