Des nouveautés à tous les étages !

Du 2 mai au 31 octobre 2020

De recherches en questionnements, le musée souhaite donner de la conscience, du savoir, du recul, de la saveur à un fragment d’universalité, celui de la mémoire bigoudène.

L’EXPOSITION [IM]PERMANENTE, dans la tour du château

Rez-de-chaussée – Et vous ? Êtes-vous plutôt crêpes ou galettes ?

Le programme partagé par les 5 musées de France, répartis sur le territoire régional, a pour ambition de valoriser un élément majeur du patrimoine immatériel – la crêpe/galette – qui fait que la Bretagne est connue dans le monde entier. Aucune exposition ne lui a jusqu’à présent, été consacrée. Aucune recherche scientifique récente, ni de publication autre que celles qui reprennent les données connues de tous. En fait, il n’y a jamais eu de recherches approfondies sur la crêpe galette, ni de synthèse.

Les musées associés dans ce projet se sont donnés comme objectif d’explorer le sujet à partir de leur spécialité et de leur territoire :

  • Pont l’abbé : la crêpe et ses variantes dans le Pays Bigouden à partir des objets et des traditions populaires recensées par les enquêtes ethnologiques
  • Landévennec : l’archéologie et le matériel en partenariat avec l’INRAP, l’Inventaire général, un historien de l’alimentation, un universitaire ethnologue et le National Trust
  • L’écomusée des Monts d’Arrée/ Moulins de Kerrouat / Maison Cornec : de la culture des céréales et du blé noir aux farines des moulins, et aux différentes manières de faire les crêpes, jusqu’à la naissance des crêperies
  • Musée départemental Breton/ Quimper : la crêpe en ville, de la naissance des crêperies aux crêpes dentelles- biscuits et aux procédés semi-industriels
  • Musée de Dinan : la galette en Pays Gallo, à travers une sélection d’objets issus de collections publiques et privées jamais présentées au public

La crêpe en toute intimité

La crêpe au Musée Bigouden sera abordée du côté de l’intime, du côté de la table, de la cheminée, de la billig, de la maison…

Comment une crêpe peut nous questionner sur nos habitudes de (sur)consommation, sur l’usage du temps, sur la question du bonheur ? Comment peut-elle nous parler de la place de la femme et de la notion de matrimoine ? Comment cette petite chose, ce petit met, va nous permettre de parler des bouleversements sociétaux ?

Salle 2 – La salle du mobilier, La société traditionnelle, une société vertueuse ?

A travers le mobilier, la société traditionnelle se dévoile. Le meuble n’évoque pas simplement sa destination première mais interpelle le visiteur sur les usages sociaux des bigoudens.

Cette nouvelle approche scénographique permet de mettre en lumière les manières de vivre jusque dans l’entre-deux-guerres : la consommation, la production, et de manière plus large le rapport à la vie, à la mort. Elle questionnera surtout les visiteurs sur le rapport qu’ils entretiennent aujourd’hui avec la société de consommation de masse. Peut-on évoquer la consommation de proximité, l’économie collaborative, la slow production, la consommation sobre ou le fait-maison lorsque l’on parle de la société traditionnelle ?

Si les usages anciens des bigoudens – et ceux de la société traditionnelle d’une manière générale – étaient dictés par nécessité économique, ces mêmes usages sont aujourd’hui questionnés par choix. Le seront-ils encore demain ? Si par ces aspects les points de rencontre sont évidents, ils le sont moins sur les questions relatives à la mort. Pour autant, les usages anciens des bigoudens permettent un éclairage quant à notre rapport à la mort, à sa présence, à son inéluctabilité, à son acceptation.

Salle 3 – L’exposition [im]permanente de vêtements bigoudens

Comme tous les ans, la salle des costumes bigoudens sera totalement renouvelée.

La société traditionnelle bigoudène offre, comme d’autres, un prisme à travers lequel appréhender nos propres interrogations. Regarder cette société comme une culture en mouvement, soumise à de multiples aspirations : acculturation, adaptation au monde contemporain, tentations communautaristes ou folkloristes, volonté de maintenir une diversité culturelle, attentes touristiques ou commerciales… Regarder cette société et y trouver un écho aux questionnements actuels : ouverture au monde et aux échanges, le développement durable, le rapport au temps, la place des femmes, le soin porté aux enfants, l’étranger, le folklore, la construction identitaire, le stéréotype…

Le vêtement traditionnel a tellement de choses à dire !

Salle 4 – Henri Le Bec, Pont-l’Abbiste, premier photographe du Pays bigouden ?

A l’hiver 2018, Serge Duigou, membre des Amis du Musée Bigouden, est venu nous voir au musée pour évoquer la piste du premier photographe Pont-l’Abbiste, Henri Le Bec, photographe totalement tombé dans l’oubli, qui aurait exercé des années 1893 à sa mort en 1907 à Pont-l’Abbé.

Suite à cela, le musée a poursuivi ces recherches et il s’est avéré que la famille a conservé – pendant 110 ans – une centaine de plaques de verre, de photographies et quasiment l’ensemble de son matériel : chambre photographique, objectifs, diaphragmes, châssis de tirage, visionneuse, matériel de développement. Mis à la disposition du musée, l’ensemble a permis de développer une exposition originale dédiée au photographe Le Bec dans la salle haute du musée.

Il met en lumière la partition de la population pont-l’abbiste : citadins contre communauté rurale et ouvrière. De très beaux clichés pris en dehors de l’atelier témoignent également de l’intérêt que portait Henri Le Bec à la population, notamment l’étonnant cliché de l’intérieur d’une usine vers 1900, une sorte de portrait social bien avant l’heure.